Faux sucre, et flore intestinale vu par Le Point.fr


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Le Point – Publié le 21/09/2014 à 10:42

Des chercheurs israéliens ont démontré que les édulcorants favorisaient l’intolérance au glucose en altérant la flore intestinale.

Le Point_le sucreSelon les auteurs de l’étude, il est grand temps de réévaluer la consommation non surveillée des produits à base d’édulcorants. © Nathan Alliard/Photononstop/AFP

Pour ne pas grossir ou prévenir le diabète, vous prenez des édulcorants – du « faux sucre »-. Eh bien, vous avez tout faux ! Selon l’étude menée par deux chercheurs de l’Institut Weizman de Rehovot et que vient de publier la revue Nature, ce serait le contraire qui se produirait : les édulcorants artificiels accéléreraient le développement de l’intolérance au glucose et de maladies du métabolisme. Ironie suprême, leur utilisation généralisée dans les boissons et la nourriture, les « lights » en tous genres, pourrait contribuer à l’épidémie d’obésité et de diabète qui sévit aujourd’hui dans de nombreux pays.

À l’origine des travaux du Dr Eran Elinav, immunologue, et du professeur Eran Segal, spécialiste en informatique et mathématique appliquée, cette question : « Pourquoi la prise de faux sucre, censé être non calorique, n’aide pas ceux qui les prennent à maigrir, et même peuvent contribuer à l’effet inverse, c’est-à-dire la prise de poids ? » Après des essais sur des souris, à qui ils avaient administré de l’eau sucrée à l’aide de trois types d’édulcorants artificiels communément utilisés et selon les normes quotidiennes autorisées par l’administration américaine, ils se sont aperçus que ces rongeurs développaient une plus grande intolérance au glucose que l’autre groupe de souris qui lui avait ingéré de l’eau diluée avec du sucre ordinaire. Répétée plusieurs fois sur d’autres souches de souris et différentes doses d’édulcorants, cette expérience a donné les mêmes résultats.

Ces deux chercheurs ont alors voulu vérifier la véracité ou non de leur hypothèse : l’intolérance au glucose induite par les édulcorants prendrait sa source dans la flore intestinale (microbiote) et les milliards de bactéries qui s’y trouvent. Pour ce faire, ils ont administré des antibiotiques à des souris afin de détruire les bactéries se trouvant dans leur appareil digestif. Bien que « nourrie » avec du faux sucre, aucune n’a développé d’intolérance au glucose. En revanche, quand ils ont transféré à des souris « axéniques » (sans germe) le « microbiote » (flore intestinale) de souris consommant des édulcorants artificiels, les « receveuses » ont développé une intolérance au glucose. Le lien était fait entre des changements dans les bactéries intestinales et les effets néfastes sur la flore intestinale de l’absorption d’édulcorants.

Un régime personnalisé

Des conclusions valables aussi pour l’homme ? « Oui », répond l’équipe de l’Institut Weizman qui a demandé à un groupe de volontaires n’ayant pas l’habitude d’ingérer des aliments ou des boissons sucrées à l’aide d’édulcorants d’en consommer pendant une semaine. Après cela, leur taux de glucose a été analysé ainsi que la composition de leur flore intestinale. De nombreux volontaires avaient commencé à faire de l’intolérance au glucose. L’analyse de leur flore intestinale a alors permis de découvrir qu’il y avait deux populations de bactéries intestinales : l’une provoquant l’intolérance au glucose lorsqu’elle est exposée aux édulcorants et l’autre restant sans réaction. « Chez les premiers, explique le Dr Elinav, les bactéries intestinales sécrètent en fait des substances qui provoquent une réaction inflammatoire semblable à une surdose de sucre, ce qui stimule des changements dans la capacité du corps à absorber le sucre. »

Alors faut-il bannir le faux sucre ? Pour le docteur Eran Elinav, une chose est certaine : il est grand temps de réévaluer la consommation massive actuelle et non surveillée de ces produits. Quant au codirecteur de l’étude, le Dr Segal, « une analyse intégrée de l’avalanche de données individualisées de notre génome, du microbiote et des habitudes alimentaires pourrait transformer notre capacité de comprendre comment les aliments et les suppléments nutritionnels affectent la santé d’une personne et influencent les risques de maladies ». En clair, les résultats obtenus mettent en évidence l’importance d’une médecine et d’une nutrition personnalisées afin d’assurer un bon état de santé. Une nouvelle prise de position en faveur du concept de « médecine personnalisée », un des défis majeurs de la médecine de demain.

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